In Mali, both in conflict zones and the capital city of Bamako, misinformation and disinformation have become critical challenges. Through manufactured rumours, manipulated videos and viral messages on social media, malicious actors are spreading narratives designed to spread fear, erode trust among citizens and weaken institutions. Community leaders warn this is creating a climate of fear and fueling instability.
“This year in Kati, many of us panicked after fake news about an unfounded security threat spread widely on WhatsApp and social media,” recounted Mr. Tiécoura Koné, Coordinator of the Community Chiefs Group in Kati. He spoke during a community forum organized by JHR, which focused on the virality of misinformation and hate speech on platforms like Facebook, WhatsApp, and TikTok.
Ms. Dicko Coulibaly, President of the Warkandje Association (which defends women’s and youth rights before the courts) in Kati, believes that “disinformation is a very bad thing with many consequences for everyone, but for young people in particular.”
How can Mali strengthen individual and collective capacities to combat this threat amid mounting security, political, economic, and regional pressures?
In Mali, JHR is working intensively to counter misinformation and disinformation in partnership with the Maison de la Presse du Mali, women’s and youth organizations, and grassroots community associations. This work is part of its NED-supported project: “Strengthening Human Rights and Good Governance through Access to Credible Information.”
Most recently, in the Bamako district, JHR trained 20 female journalists and online content creators to improve community access to credible, factual, accurate, gender- and conflict-sensitive information.
“I learned a lot of things I didn’t know before. This training has developed my knowledge and skills, including tools for verifying the sources of an image or link, identifying fake news and hate speech,” said Odile Dembélé, a journalist from Bamako.
In addition to training journalists, JHR in Mali often convenes stakeholders from media, civil society organizations and relevant state departments to discuss solutions to address misinformation. Recently, JHR brought together more than 20 editorial managers, media associations and members of the Monitoring and Operationalization Committee of the Council of Ethics and Professional Conduct of Peers (CODEP) to discuss the adoption and dissemination of professional texts governing journalism practice in Mali.
Three community forums were organized in Bamako and Kati with active participation from experts on misinformation, women and youth leaders, members from organizations of people with disabilities and associations defending the rights of female domestic workers. These forums provided a platform for these vulnerable groups, who are often marginalized from public debates and social mobilization processes, to share knowledge and propose community-based solutions.
“Media working together with civil society organizations and communities can improve collective vigilance, help deconstruct misinformation, and provide access to verified and credible information for the entire population, fostering a more stable environment that respects human rights and promotes good governance,” said Moro Siaka Diallo, JHR’s Mali Country Manager.
En Français:
Mali : la désinformation, une menace généralisée contre la stabilité et les droits humains

Dans les zones de conflits ou comme à Bamako, la capitale malienne, la désinformation est devenue un défi majeur. Par des rumeurs couramment répandues, des vidéos intelligemment montées de toutes pièces, des messages viraux sur les réseaux sociaux etdans les groupes communautaires en ligne, la désinformation s’est installée et les acteurs façonnent des récits destinés à déstabiliser les esprits, miner la confiance entre les citoyens et affaiblir les institutions. Selon des responsables et leaders communautaires, cette situation crée un climat de peur et attise l’instabilité.
« Cette année à Kati, beaucoup d’entre nous avaient été pris de panique suite au partage d’une fausse nouvelle sur une situation d’insécurité non fondée mais largement partagée sur WhatsApp et les réseaux sociaux », a déploré M. Tiécoura Koné, Coordinateur des chefs de quartiers de Kati, une localité proche du district de Bamako, lors d’un forum communautaire organisé en Août dernier par JHR au Mali sur le thème : La viralité de la désinformation et des discours de haine sur les réseaux sociaux et groupes communautaires (Facebook, WhatsApp et Tik Tok).
Mme Dicko Coulibaly, Présidente de l’Association « Warkandje : défense des droits des
femmes et des jeunes devant les tribunaux » de Kati, estime que « la désinformation est une très mauvaise chose, elle a beaucoup de conséquences sur tout le monde mais en particulier sur la jeunesse ».
Dans ce pays traversé par des tensions sécuritaires, politiques, économiques et
transnationales, comment renforcer les capacités individuelles et collectives pour
combattre de manière efficace la désinformation ?
JHR intervient au Mali pour lutter contre la désinformation en collaboration avec la Maison de la Presse du Mali, des organisations féminines de la société civile et d’associations communautaires de base dans le cadre du Projet « Lutte contre la désinformation et les discours de haine pour renforcer la cohésion sociale, les droits humains et la bonne gouvernance au Mali » grâce au soutien financier de NED.
Très récemment dans le district de Bamako, JHR a outillé 20 nouvelles femmes journalistes, créatrices de contenus en ligne et membres des associations de bloggeurs du Mali contre la désinformation et les discours de haine afin d’améliorer l’accès des communautés à des informations fondées, exactes, sensibles au genre et au conflit.
« J’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas auparavant. Cette formation a
développé mes connaissances et compétences, notamment les outils qui permettent de vérifier les sources d’une image ou d’un lien, d’identifier les fausses informations et également les discours haineux », a témoigné Odile Dembélé, une jeune journaliste à Bamako.
Une table ronde a également eu lieu. Celle-ci a réuni plus d’une vingtaine de responsables éditoriaux, d’associations des médias et membres du Comité de suivi et d’opérationnalisation de l’organe d’autorégulation dénommé Conseil Ethique et Déontologique des Pairs (CODEP) sur l’appropriation et la vulgarisation des textes professionnels (juridiques et techniques) encadrant la pratique du métier d’informer au Mali.
Trois forums communautaires ont été organisés dans les villes de Bamako et de Kati avec la participation active d’expert.es sur la désinformation, des femmes et jeunes leaders, des membres d’organisations des personnes vivant le handicap et d’associations de défense des droits des aide-ménagères et domestiques pour discuter, partager des connaissances et proposer des solutions à base communautaire. Ces forums ont redonné la parole aux personnes vulnérables notamment les femmes et jeunes vivant avec le handicap, les aide-ménagères et domestiques qui sont très souvent marginalisées ou exclues des débats publics et processus de mobilisation sociale.
Les médias associés aux organisations de la société civile et aux communautés peuvent ensemble participer à déconstruire la désinformation, permettre à l’ensemble de la population d’accéder aux informations vérifiées et favoriser un environnement plus stable et respectueux des droits humains.
